17.03.2005
Petite histoire pas très joyeuse...
Si jamais il y a des changements de police en plein milieu, faites pas attention ... J'ai écrit ce texte il y a un an environ, juste après un cours de maths si je ne m'abuse... Ou alors un jour où j'étais en colère... ;-)
N'hésitez pas à mettre des commentaires !
Et je vous rappelle que les textes de ce blog sont la seule propriété de Gayam... ;D
Et aussi, sachez que pour tous mes textes (sauf si précisé), les personnages sont inventés, toute ressemblance avec une personne existante est involontaire...
Taches rouges sur fond gris
Ciel gris. Soleil gris. Nuages gris. Ville grise de béton et d’acier. Route noire, encombrée de voitures de couleurs grises et froides.
Sur cette route, un bus. Gris. Dans le bus, des élèves. Ils vont à l’école, au collège au lycée. Dans le bus, des adultes, aussi. Ils vont au travail, au marché.
Il est sept heures trente. La ville est animée depuis l’aube. Aube grise. Aube d’un hiver froid et gris.
Dans le bus, des groupes se forment. Discussions à haute voix, discussions à voix basse, éclats de rire. A l’avant, une personne ne parle pas, ne rit pas. Le chauffeur. A chaque arrêt, un sourire forcé naît sur ses lèvres puis meurt instantanément.
Arrêt numéro 25. Une jeune fille monte. Elle est pâle, très pâle. Presque transparente. Ses cheveux sont noirs. Très noirs. Et longs, et raides. Ses yeux sont gris. Elle est très fine. Elle porte un tee-shirt noir et un jean. Malgré son tee-shirt un matin d’hiver, elle passe inaperçu. Elle se dirige vers le fond du bus. A son passage, les gens se poussent. Sans la voir. Elle semble flotter dans ce monde de maladresse. Arrivée au fond, elle s’appuie dans un angle et ne bouge plus. Elle observe.
Le paysage gris, les personnes grises.
Un jeune homme, lui, n’est pas gris. Sweat rouge et jean. Les yeux de la jeune fille s’arrêtent sur ce sweat, seule note de gaîté dans ce monde triste. Sa pensée se perd…
Ciel bleu, Soleil jaune. Ville multicolore. Route blanche de pierres, vide. Seuls quelques vélos et un bus s’y trouvent. Bus vert. Dans ce bus, une jeune fille. Elle est pâle, très pâle. Presque transparente. Ses cheveux sont noirs. Très noirs. Et longs, et raides. Ses yeux sont gris. Elle est très fine. Elle porte un tee-shirt noir et un jean. Elle est appuyée dans un coin au fond du bus. Le chauffeur rit, et discute. A côté de la jeune fille, un jeune homme. Sweat rouge et jean. Ils discutent. Ils rient.
La jeune fille sort de sa torpeur : le jeune homme est sorti. Le bus a dépassé le lycée. La jeune fille, comme tous les jours, a oublié de descendre. Elle arrivera en retard…
Elle est amoureuse du sweat rouge. Ou peut-être du jeune homme qui le porte. Ou des deux. Oui, je crois que c’est plutôt ça, elle est amoureuse des deux.
Arrêt numéro 42. Elle descend du bus et retourne en arrière, vers son lycée. Elle arrive. Lycée gris. Porte grise.
Elle entre. Les surveillants l’emmènent vers la vie scolaire. Pions maussades, gris. Excuses. Signature du mot. Explications.
« Hey, Lee !! Attends-moi ! »
Lee s’arrête. Un jeune homme gris la rattrape.
- Alors, t’as encore raté l’arrêt de bus ?
- Oui.
Elle se remet en marche vers sa salle de classe, suivie du jeune homme. Cour grise. Couloir gris. Porte blanche. Trois coups frappés à la porte. Permission d’entrer. Prof grise. Excuses. Présentation du mot d’excuse. Explications. La prof montre deux places au fond de la classe. Débardeurs roses, jupes fuschia. Cheveux blonds. Yeux bleus très maquillés.
Non. Pas fuschia, rose, blond et bleu. Gris... Sweat rouge au premier rang. Lee se met à côté du jeune homme gris, au fond. Elle y est obligée. Elle n’aime pas ce jeune homme. Il est collant et… gris…
Cours ennuyeux. Sonnerie sinistre de fin de cours. Ruée d’élèves à l’extérieur. Rires. Discussions à voix hautes, à voix basses. Sonneries de portables.
Lee se dirige vers la salle des élèves. Salle presque vide, noire. Lee aime être à l’étage. Elle monte donc.
Tables en bois, baies vitrées, lumière. Lee s’installe à une table et sort feuille, crayon et gomme. Elle dessine. Bande dessinée. Personnages. Joyeux mais tristes. A l’image de leur créatrice. Elle pourrait presque les voir s’animer, perdue dans ses rêves.
Au bout d’une demi heure arrive le sweat rouge... Il s’assoit à une autre table. Cœur qui bat de plus en plus vite et fort. Regard qui se dirige sur le nouveau venu… David, le plus beau mec du lycée. D’après Lee. Et seulement d’après elle. Le plus coloré, aussi. Toujours de bonne humeur… Bien habillé… David, quoi. Pourquoi ne la voit-il pas ? Elle est là, tout près, elle le sent, elle le voit, elle y pense sans arrêt. Lui ne la voit pas. Est-elle à ce point transparente ? Voilà les questions qui viennent à l’esprit de Lee en cet instant. Elle se sent rougir et baisse les yeux vers ses dessins. Gomme. Feuille à nouveau blanche. Bande dessinée. Personnages. Joyeux mais triste. Comme leur créatrice.
Ce qu’elle ne sait pas, c’est que David éprouve exactement les mêmes sentiments à son égard.
Au bout d’un moment, elle entend :
- Ah, tu es là ? Je ne t’avais pas vue. Je peux m’asseoir avec toi ?
Cœur qui bat encore plus vite, à se rompre. Bégaiement :
- Ou… Oui…
David s’installe en face, avec un sourire.
- Tu dessines quoi ? Une BD ? C’est super bien fait !
- Tu trouves ? Les proportions ne sont pas très respectées…
- Ben moi, j’adore !
- Tu la veux ?
- Ouais !! Merci beaucoup !! Bon, il faut que je te laisse, j’ai rendez-vous avec un copain dans cinq minutes en ville. A tout à l’heure !...
- Ouais…
David s’en va, emportant avec lui la BD de Lee. A nouveau seule, cette dernière se perd dans ses pensées vagabondes.
C’est fantastique, la pensée… Tu peux te rappeler un vieux souvenir, et de souvenir en souvenir en arriver à ta dernière note de maths… Pas terrible, d’ailleurs. À ras du plancher, comme dirait la prof… Nul, comme dirait ta mère… Celles-là n’ont qu’une chose en tête : le bac dans trois mois… Ca en devient énervant, limite stressant. Heureusement, Lee n’est pas du genre stressée.
Deux de tension, comme disent certains élèves. Ou défoncée, comme disent d’autres. Chacun ses expressions… D’après moi, Lee est tout simplement calme. Tranquille. Cool, quoi. Elle prend le temps de vivre, de rêver. Pas comme certaines personnes. Toujours pressés. Rendez-vous, bus à prendre, envie de rentrer… Il faut voir les rues de la ville… Parfois, une personne prend son temps. Plutôt rare. Dans la petite ville de Lee, il n’y a quasiment qu’elle qui prend son temps.
Eh oui, que voulez-vous, de nos jours, le temps, c’est de l’argent. Et sans argent, pas de rêves (parce que les rêves les plus beau, apparemment, c’est de réfléchir à ce qu’on pourrait s’acheter avec plein d’argent)…
Un pion gris arrive.
- Excusez-moi, mais je ferme la salle…
Ca y est. Ils virent tout le monde au bout de même pas une heure… Lee décide d’aller dans la rue. Voitures. Beaucoup de voitures. De plus en plus. Klaxons. Crissements de pneus. Vision d’horreur.
Lee a les yeux exorbités. Au milieu de la rue, David. Tee-shirt rouge étalé dans une mare rouge… Son bras droit replié sur son cœur. Dans sa main droite, un papier, étalé lui aussi sur son cœur. La BD de Lee… Les gens sortent des voitures, affolés. Bégaiements :
- Je… Je ne sais… Il… Il… Il a traversé la rue en courant… je n’ai pas pu l’éviter…
Lee est désespérée… Le seul lien qui la retenait dans ce lycée, dans ce monde…
Lee court, court sur la route. A l’envers des voitures. Elle se sent bien, libre. Voitures, bus, vélos, klaxons. Soudain, tout se précipite. Voiture qui double. Conductrice qui ne la voit pas. Crissements de pneus. Choc. Noir… Délivrance. Bonheur.
Ville grise… Rue grise… Egayées par deux taches rouges…
20:59 Écrit par Lya Remy dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note |
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Commentaires
a ben c gentill de me faire pleurer moi qui ne suis pas très gais aujourd'hui, enfin c'est surtout ça qui ma déprimé!!!!
Putain ce que j'aime ce texte!!!!!!!!!!!!!
Écrit par : lilis | 18.03.2005
quand même ! C'est genial ! Bien mieux ecrit que l'autre si tu veux mon avis ! Merveilleux, magnifique, magique enfin tout ! La manie des ... vien de loins a ce que je vois lol...
enfin bon, je te met 5 tu le mérites !!!!!
Écrit par : Swan abasurdi ! | 18.03.2005
J'adore Gayam ! C'est de la balle ce que t'écris... J'ai jamais lu quelque chose comme ça de la part de quelqu'un de 15 ans à l'époque. T'as trop de talent... C'est vachement sobre, mais plein d'émotion... Merci pour ce beau moment...
Écrit par : XTREM S | 20.03.2005
que d'émotions!!! Amandine, je viens de lire ton texte et franchement j'avais pas fais attention au début à qui est ce qui l'avais écris et j'en reviens pas!!... c'est trop bien écrit, t'as trop envies de savoir la fin, la déscription c'est trop bien ça stresse rien que de le lire!!... Sincerement, tu devrais publier!!!...
Écrit par : Pascalaïne | 21.03.2005
rectification Venant de relire le texte et mon commentaire, je me trouve très vulgaire d'oser employer des mots grossier. Cela me correspondrait-il? Qu'en dites vous, mais est-ce un sujet de débat. DOnc je tiens a m'excuser pour toutes les personnes que j'aurais pu choquer enn employant un certain mot commençant par p, et je dis, maintenant en lieu et place de mon précédent message : Il fut un réel plaisir pour moi de lire ce texte, j'en ai éprouvé un joie intense et rien ne peux mesurer la force de mon amour pour pareil récit.
ps : je viens de voir une émission sur les EUA dans laquelle une personne ayant dit le mot commençant par p à la télé a été condamné à une grosse amende, alors sait on jamais...
ps : ce message, est pur ceux qui ne l'ont pas compris, une vaste blague ou je me moque de moi, et surtout de moi en fait...
Écrit par : lilis | 09.11.2005
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