22.03.2005
Seule
Hum... J'ai remis le texte pour ceux qui passent par là... Cela fait bien longtemps que je l'ai écrit. Sachez seulement que tous les personnages de cette histoire sont fictifs, et si vous y voyez une ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé, veuillez accepter mes excuses, c'est involontaire.
La solitude…
C’est dur à dire mais je ne la supportais pas… Il suffisait que je reste seule, quelques instants, pour que je me sente mal à l’aise… Je commençais alors à être nerveuse, je jetais des regards furtifs de côté pour chercher un visage connu, je me rongeais les ongles jusqu’au sang, je m’asseyais puis me relevais, puis me rasseyais… Très peu pour moi…
En plus, je n’avais pas vraiment d’amis… Au bout de quelques jours, ils finissaient toujours par m’ignorer… Je ne comprends pas… Ils étaient étranges…
Pourtant, j’essayais… Je sortais des blagues nulles, comme eux, je m’incrustais dans les conversations, je suivais le rythme de leurs pas…
Seule, froide, silencieuse.
Dans ma classe, il était une fille étrange… Je ne l’aimais pas. Elle encore moins… Avec elle, je me sentais mal… Avec elle, j’avais presque envie de mourir…
Avec elle enfin, je passais beaucoup de mon temps.
Je la connaissais depuis la sixième. A l’époque, elle était gentille. Je crois qu’elle m’aimait bien. Et je crois que moi aussi. Elle était timide, ne connaissait personne…
En quatrième, elle a commencé à traîner avec une bande de types qui me détestaient… Depuis, elle ne m’aime pas.
Je ne sais pas pourquoi je préférais être avec une fille pareille, que seule… Quand mes « amies » n’étaient pas là, j’allais avec elle.
En seconde, elle a commencé par m’éviter. Je ne connaissais qu’elle et restais avec elle presque tout le temps. Je crois qu’elle me trouvait collante…
Elle essayait de me montrer à quel point elle ne m’aimait pas. Je pense. Je m’en rends compte, maintenant. A l’époque, je ne voyais rien. J’étais aveuglée par la peur d’être seule. Seule… Au milieu d’un monde qui m’effrayait…
Quand j’arrivais, elle ne semblait pas me voir… Son sac était posé sur la table, pour bien montrer qu’elle était seule et qu’elle comptait bien le rester… Je m’approchais pourtant… « Je peux… ? »
« Mieux vaut être seule que mal accompagnée », paraît-il… Je ne suis pas d’accord. Mal accompagnée, du moins par cette fille étrange, je pouvais me cacher et la laisser affronter mes problèmes… Et les résoudre.
Cette fille, qui s’appelait Ise, était forte. Du moins en apparence. Elle avait une démarche assurée. Elle n’avait pas besoin de raconter sa vie à tout le monde pour se sentir à l’aise… Elle savait écouter les autres… Enfin, pour elle, l’union ne faisait pas la force. Elle préférait travailler et vivre seule.
Tout mon contraire. Peut être est-ce pour cela que je passais du temps avec elle… Je pouvais me raconter, elle se taisait. Je sais maintenant. Elle se taisait pour que j’arrête de parler. L’inverse se produisait.
A l’époque, je croyais qu’elle était comme ça tout le temps… Je ne savais pas qu’il n’y avait qu’avec moi…
Cette année-là, en seconde, je réussis à me faire une amie. Toujours aimable. Pendant plusieurs mois, je laissais Ise seule. Elle traîna avec une bande de types qui me détestaient et que je détestais plus encore… Quand je n’étais pas avec elle, je la voyais rire et s’éclater avec ces garçons. Ils racontaient des bêtises, se battaient pour s’amuser, faisaient des batailles de baies… Imaginaient des coups tordus à faire aux profs ou à d’autres élèves… Faisaient des batailles d’eau, des concours de gobage de flan…
Les rares fois où Jeanne, mon amie était absente, je retournais avec Ise. C’était pratique, on la trouvait toujours aux mêmes endroits… Soit à la bibliothèque, dans le coin le plus sombre et petit, soit à la salle des élèves, à l’étage, près des grandes baies vitrées, mais toujours dans un coin…
Elle ne parlait pas. Des qu’elle me voyait approcher, elle redevenait muette... Au fil du temps, son accueil fut de plus en plus froid…Mais je continuais tout de même à la voir.
Ainsi, je pouvais déballer ce que j’avais sur le cœur.
En face de moi : un mur… de glace.
A mes questions, elle répondait par des « oui », « non » ou « j’en sais rien » agacés et très brefs. Quand pendant longtemps elle ne parlait pas, sa voix devenait rauque…
Elle me faisait parfois un peu peur. Beaucoup, même.
Quand j’étais avec elle, j’essayais d’engager la conversation sur des sujets aussi divers qu’inintéressants… « Tu fais quoi ? » ou bien « C’était dur le contrôle de maths, hein ! »
Ses réponses se ressemblaient toutes… « Oui », « Rien », « Non » ou encore « Je dessine »… Elle n’avait visiblement pas envie de discuter…
Je me sentais de plus en plus mal à l’aise… Je sortais mon portable, je faisais comme s’il était passionnant… Je passais en revue mes numéros enregistrés, mais je n’en avais absolument rien à faire… Je me rongeais les ongles… Je jetais des regards furtifs à cet être si particulier qui se trouvait face à moi…
Puis je commençais à lui parler de ce qui m’intéressait… Monologue ponctué par des « oui », « ah ? » ou bien « ok »… Elle ne paraissait pas être intéressée… Elle ne me jetait pas un seul regard, plongée dans son livre, dans son dessin ou bien dans un texte qu’elle écrivait…
Parfois, elle avait son baladeur… Elle mettait du rock ou bien de la musique classique, je ne sais pas… Et elle ne m’entendait plus… Ou bien faisait comme si elle ne m’entendait plus… Et pendant une heure, elle restait perdue dans ses pensées, sa musique, son monde… Ce monde que je haïssais et que je hais encore, parce que j’en étais exclue… Ce n’est pas que j’adorais cette fille, j’étais même plutôt du genre à la détester pour ce qu’elle me faisait endurer, mais je n’aime pas être exclue…
J’aime qu’on fasse attention à moi, qu’on me parle, qu’on m’écoute, qu’on s’intéresse à moi… J’ai besoin d’avoir des amis, ou au moins des gens à qui parler, à qui me confier…
Ma vie n’était pas simple… J’étais orpheline et mon tuteur ne m’aimait pas… Il en arrivait à oublier de venir me chercher… C’est peut être mon manque d’amour qui m’a rendue comme j’étais…
La jeune fille ne m’aimait vraiment pas… J’avais entendu dire que des rumeurs couraient sur moi… Que je la prenais pour un « bouche-trou », comme ils disaient tous… Je n’aime pas ce mot… Quand j’étais seule, j’allais vers elle, mais elle n’était pas ma roue de secours…
Et puis même si c’est vrai, ce mot ne me plait pas…
Parfois, je rentrai en cours, et je me dirigeais vers elle car elle était la seule à ne pas me virer violemment… Quand elle me voyait approcher, elle mettait son sac bien en vue sur la seule table qui se trouvait à côté d’elle… Je pense que ça ne se fait pas… Je pense qu’elle n’osait pas me dire de partir… Elle essayait de me le faire comprendre… Je ne voulais pas comprendre… J’en profitais… Et je me campais à côté d’elle, pour lui montrer que c’est là que j’allais m’asseoir et qu’il faudrait qu’elle enlève son sac…
A partir de la terminale, j’ai essayé de rester seule quelques moments… Ce sont les pires souvenirs que j’ai de mon « adolescence » ! Je faisais semblant d’être dans mes cours, de ne pas faire attention au monde qui m’entourait, mais je stressais… C’était trop dur… Je n’y arrivais pas…
Je me suis mise à boire et à fumer des joints… Je me sentais beaucoup mieux ainsi… Je sentais la vodka descendre dans mon corps, petits frissons froids… Et puis je ne sentais plus rien, je planais… Un joint en plus et c’était merveilleux… Mais à la longue, ce fut pire même que la solitude… Car en plus de m’enfermer dans un monde où personne d’autre que mois n’avait accès (en clair j’étais aussi seule qu’avant), je se sentais malade… J’avais sans cesse des frissons glacés, des maux de tête, des malaises…
Je décidai donc d’en finir une fois pour toute… Mais avant, je voulais goûter enfin au bonheur tant espéré…
Je m’habillai le plus à la mode possible, je mis une heure à choisir des vêtements qui me paraissaient beaux, dans lesquels je pensai avoir de la chance et me faire des amis. Je pris le bus et arrivai en ville en plein après midi, à l’heure où chacun déambule sur les boulevards fleuris, au grès de ses pas.
Je cherchai une bande de jeunes, chose assez facile à trouver en été !
Je finis par en dénicher un, je m’approchai et me mis à discuter avec eux. Ils eurent l’air amusé de me voir… Mais ils acceptèrent tout de même de parler un moment avec moi. Ils m’étaient plutôt sympathiques. Je passai avec eux la meilleure après midi de ma vie !! Leurs passions étaient les mêmes que les miennes, leurs blagues, tout en eux me correspondait ! Nous discutâmes de la vie, de nos passions, du lycée, des vacances…
A la fin, j’eus du mal à les quitter, mais nous échangeâmes nos numéros de téléphone.
Je me dis que finalement, la vie n’était pas si horrible quand on trouvait des gens intéressant et moins bêtes que la moyenne… Je rentrai donc chez moi, heureuse…
Je traversai la route…
Elle ne me vit pas.
18:17 Écrit par Lya Remy dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note |
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Commentaires
mais heu mais heu c'est dommage que tu l'ai enlevé!!! c'est kiki (je sais on dit pas comme ça) qui a protesté ou qui c'est offensé?
C'est qu'un méchant en tout cas!!!
Écrit par : lilis | 29.03.2005
lol Ben c'est personne je me suis juste dit que plusieurs personnes voyaient quelle(s) personne(s) ça pouvait offenser, alors je me suis dit que c'est pas correct...
Écrit par : gayam | 29.03.2005
po po po po comme dirait mon prof de physique adoré : po po po po izon qu'à être plus mieux les autres!!! (mon prof c'est que po po po po)
Écrit par : lilis | 30.03.2005
... Oui mais là sérieux c'était méchant... Même si ça visait personne, ça portait à confusion, on aurait pu croire que c'était orienté...
Mais bon, c'est pas grave, si tu veux je te la passerai cette histoire, et puis j'en mettrai d'autres, qui dérangeront personne !
Écrit par : Gayam | 03.04.2005
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