02.04.2005
Pitite histoire toujours aussi joyeuse...
La petite fille neige
L’univers… Grand, immense, infini. Et noir, si noir, impénétrable. Mais en même temps illuminé par des sphères multicolores qui émettent ou reçoivent de la lumière et qui donnent une impression de bougies de toutes les couleurs…
Sphère bleue et grise… De loin, belle…
Continent beige. Parsemé de verdure.
Pays gris et froid, parsemé de très peu de vert.
Fumée noire : industries, accidents de voitures, pots d’échappement, pollutions diverses. Ville grise. Gratte-ciels d’acier. Cheminées, usines, centrales, décharges. Parkings.
Autoroutes, routes, voitures. Nuages gris. Pics de pollution, températures hautes. Air qui se fait rare... Gaz toxiques divers… Odeurs de déchets divers. Klaxons. Bruits de machines, bruits d’avions, de trains…
Gens gris qui marchent très vite, apparemment pressés… Regards sévères et froids, visages fermés ne laissant aucune place aux émotions…
A côté de cette ville, une forêt. Verdure, couleurs. Arbres, fleurs, fruits, herbe. Cascades, ruisseaux, sources, rivières. Fraîcheur, vent. Soleil jaune, grand, beau. Pas de nuages. Si : au loin un nuage pollué de la ville, et près de la forêt un nuage naturel, nuage gorgé d’eau qui aide les plantes à grandir et à s’embellir...
Le paradis à côté de l’enfer. Les couleurs à côté de la grisaille. La nature auprès de la cité des Hommes.
Au centre de la forêt, une clairière. Peuplée de rongeurs, d’oiseaux, d’insectes. Peuplée aussi de cervidés, de pumas et de loups.
Posée dans un coin, la virgule entre deux phrases, la passerelle entre deux mondes. Une petite fille des Hommes dans le monde de la Nature.
Ise a six ans. Elle est seule, allongée. Elle dort.
Elle est immobile. Comme la neige tombée au sol. Pas un geste, pas un mouvement ne vient troubler son repos. Ses parents la cherchent, ils sont inquiets. Il ne leur viendrait pas à l’idée qu’elle ait pu aller dans le monde « étrange et probablement dangereux » de la forêt. Il s’imaginent plutôt qu’elle a été enlevée par des malfaiteurs, probablement violée, et même peut être assassinée. Dans leur monde de telles horreurs ne sont pas rares. Les journalistes ne s’y intéressent même plus. Pour la police, c’est devenu « la routine ».
Mais il ne savent pas la vérité : leur fille est enfouie dans un sommeil profond et réparateur.
Tout dans la petite fille et autour d’elle est calme et silencieux. Comme la neige qui flotte en tombant.
Et ce silence, caractéristique de Ise, étonne tout son entourage. Les Hommes sont habitués au bruit, ils trouvent donc cette petite fille étrange…
Au loin, un loup hurle. Dans son chant, de la tristesse. De la souffrance, aussi. Cri d’alarme : bientôt, ce Paradis laissera place à l’Enfer... Les Hommes ont décidé de transformer la forêt en un nouvel hypermarché géant de plusieurs hectares avec un immense parking. De toute façon, le grand air n’est plus à la mode… Pour respirer, il y a toujours les boîtes de conserve remplies de ce mélange qu’on ne trouve plus en ville… Un hypermarché, c’est plus utile qu’une forêt… Dans un hypermarché, on y trouve de tout, on peut y dépenser son argent pour avoir plus de confort, des canapés auto-massants qui permettent le soir venu et le travail fini de se prélasser, des ordinateurs dernier cri qui font le ménage à la place des gens… On y trouve aussi des fourrures synthétiques (les animaux sauvages ne sont plus à la mode), de l’air en boîte… Quel est dans ces conditions l’intérêt d’une forêt ?
L’espace des Hommes s’étend. De plus en plus loin. De plus en plus vite. Celui de la Nature s’amenuise. Le compte à rebours a commencé…
La petite fille est très belle. Comme la pleine sauvage recouverte de neige, comme le sapin en hiver, comme l’hermine. Comme peu d’Hommes le sont encore.
Mais, petite fille, tu es blanche, si blanche… Es-tu malade ? Oui, l’air pollué des Hommes t’a donné ce teint livide... La couleur de la neige pure de la forêt. Tu es gravement malade, tu as le mal de ton pays, tes poumons sont atteints, ton cœur lui-même a des défaillances.
En vérité, petite fille, tu es froide, glacée. A l’image de la neige. Depuis combien de temps es-tu là, à l’ombre du grand chêne ?
En ce jour ensoleillé au milieu de l’hiver, tu sembles morte.
Tu ne supportais plus ta société, ton peuple. Peuple cruel, bête et méchant. Tu ne supportais plus non plus les enfants des Hommes, leurs railleries. Ils se moquaient de ta petite taille, te reprochaient la finesse et la musculature de tes membres, et ton instinct. Qui n’aimaient pas tes yeux noirs et perçants, yeux d’aigle, ta chevelure noire et emmêlée, crinière de lion, et ton intelligence.
Ise avait vécu pendant six ans chez ces Hommes, mais elle était plus proche, tellement plus proche de la Nature…
Elle avait préféré dormir dans son monde.
Ce jour là, une petite fille était morte chez les siens.
18:50 Écrit par Lya Remy dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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Commentaires
je sais jamais quoi mettre comme titre j'aime beaucoup, mais moio je veux bien un canpé automassant et un ordi qui fait le ménage à ma place par contre j'aime pas les hypermarché, ya trop de gens!
Écrit par : lilis | 02.04.2005
lol Ce serait pratique, hein !! Mais ça existe déjà ! Ca s'appelle parents lol (si des adultes lisent ça, sachez que je plaisante !!)
Écrit par : Gayam | 02.04.2005
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