18.08.2005

Chapitre III - - - Amie

Chapitre III
Amie


Elle marchait depuis des années déjà, toujours droit devant elle, à la recherche de quelque chose… Elle n’aurait su dire quoi. Elle était déjà âgée, elle avait presque trente ans.

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Un jour de printemps, elle s’était réveillée, à l’aube, avec un sentiment étrange. Le sentiment que sa place n’était pas ici, à Lutècie, mais quelque part, très loin, au Nord. Elle avait donc pris ses quelques affaires et quitté sa vie de misère, dans la petite chambre qu’on lui prêtait en échange de ses services de bonne. A l’Aube, elle avait revêtu sa robe dépareillée et trouée. Elle avait poussé une dernière fois la porte de cette chambre de misère, de cette vie de misère. Elle avait descendu le petit escalier en pierre. Elle s’était retrouvée dans la rue, rue déjà animée malgré l’heure. Elle avait regardé une dernière fois ces étrangers, ceux qui l’avaient toujours méprisée. Ils avaient tous le regard vide des gens pressés des cités d’Or.

Elle était partie d’un pas décidé vers la porte du Nord, appelée aussi la porte de Venus. Le garde la regarda d’un air étonné, car il ne l’avait jamais vue dans cette partie de la ville. Elle lui sourit légèrement, puis lui annonça que ses maîtres l’avaient envoyée dans un village tout proche pour apporter un message à l’un de leurs parents.

Puis elle avait marché longtemps, droit vers le Nord, se repérant grâce au Soleil et aux Etoiles. Elle marchait encore, toujours droit devant elle, à la recherche de quelque chose, elle n’aurait su dire quoi. Elle avait le dos voûté, par la fatigue et sa vie de misère, elle avait faim et soif, soif d’aventure et de liberté. Soif de vie.

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Elle traversa les grandes plaines continentales du Nord, ces plaines désertiques et dénuées de vie. Puis elle arriva à la mer… Elle qui n’avait jamais vu que les pavés froids de Lutècie, fut émerveillée. Car cette mer qu’elle vit était plus belle que le cristal des verres de ses maîtres, plus belle que le Ciel, plus belle que la lune elle-même. Car c’était une plaine aux reflets changeants et brillants. Elle scintillait comme un mélange de diamants, de cristal et d’or. Elle frissonnait, semblable à une prairie balayée par une brise fraîche. Cette plaine s’étendait à l’Infini, et lorsqu’elle eut posé un pied dessus, elle se rendit compte que ce n’était que de l’eau, mais que ce matériau ne servant –d’après ce qu’elle pensait- qu’à boire ou à laver les maîtres, était capable de tant de beauté. Elle regarda alentour si rien ne pourrait l’aider à traverser, avant de se dire qu’elle avait peut être atteint le but ultime de son voyage. Elle s’installa donc, dormant au pied d’un arbre, buvant l’eau fraîche et douce de la mer, se nourrissant de baies qu’elle trouvait ou encore de rongeurs qui parfois s’égaraient auprès d’elle. Elle demeura ainsi quatre ans, dans une immobilité récurrente dont elle ne se lassait pas, passant de longues heures à admirer les flots dorés.

Mais une nuit, elle fit un rêve étrange… Elle rêva d’un monde étrange et lointain, un monde dans lequel les hommes étaient tout petits, un monde peuplé de créatures toutes plus étranges les unes que les autres. Elle sut immédiatement que ce monde l’attendait depuis toujours, elle l’enfant trouvée, la femme solitaire et silencieuse méprisée par les hommes… Mais elle ne savait où aller. Elle suivit donc sa première impression… Vers le Nord, toujours vers le Nord.

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Elle reprit alors ses quelques affaires et partit d’un pas décidé vers le Nord. Non. Pas vers le Nord, car elle devait tout d’abord contourner la mer, ne sachant comment la traverser. Elle finit par trouver un bout à cette plaine superbe, mais au bout d’une longue année durant laquelle elle marcha le long de plages, de falaises, désertes et arides… A cet endroit, la mer ne s’arrêtait pas vraiment, mais il y avait un détroit… Elle pouvait voir les terres de l’autre côté. Mais elle ne voyait toujours pas comment traverser. A sa gauche, la mer. Face à elle, la mer, et plus loin, une brume épaisse qui empêchait le regard de s’aventurer plus loin. Derrière elle, les plaines qu’elle avait traversées pour parvenir à la mer. A sa droite, une forêt.

Elle décida d’aller dans la forêt. Elle s’engagea donc sur un chemin tracé comme par magie (c’était en effet le premier chemin qu’elle découvrait depuis la sortie de Lutècie). Elle marcha pendant quelques heures avant de parvenir à l’orée d’un bois sombre qui semblait très dense, presque animé d’intention, et vide d’air. Elle eut cependant une envie irrésistible de pénétrer dans cette forêt. Ce qu’elle s’empressa de faire.

Dans la forêt, elle n’y voyait pas grand-chose, pour ne pas dire rien… Il faisait vraiment trop noir. A chaque pas elle devait faire attention de ne pas trébucher. Elle devait tendre l’oreille, plisser les yeux, essayer de sentir… En vain. L’atmosphère était beaucoup trop épaisse pour parvenir à quoi que ce soit d’autre que mettre un pied devant l’autre. Au prix d’énormes efforts qui l’épuisèrent, car elle n’était pas habituée à marcher longtemps dans des conditions aussi éprouvantes, au prix d’une randonnée interminable, elle parvint dans une petite clairière. C’était une clairière fraîche et bien claire, parcourue de fleurs mauves minuscules. Elle s’installa au pied d’un arbre et s’endormit aussitôt. Elle dormit deux jours complets, d’un sommeil profond et réparateur.

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A son réveil, elle était entourée de silhouettes blanches et vertes… Des silhouettes plutôt étranges qu’elle ne reconnaissait pas comme de son espèce… Elle les regarda, les yeux écarquillés. C’étaient de grandes silhouettes sveltes. Ces créatures mesuraient au moins un mètre quatre-vingt chacune ! Elles étaient très fines et musclées. Leur visage était presque angélique, ils redonnaient du courage et de la joie. Leur peau blanche, leurs cheveux d’ébène et très longs, leurs yeux noirs, leurs bouches pourpres et fines, leurs oreilles fines leur donnaient vraiment un air chaleureux. Leur regard était celui d’une mère, d’un ami. Immédiatement, elle éprouva un sentiment de sérénité, de bonheur, d’apaisement. Et finalement, elle se rappela en avoir déjà vu dans son rêve, là-bas, dans un autre monde…

« Bonjour, Amie. Cela fait presque deux mois que nous t’attendions. Te serais-tu arrêtée en chemin ? »

Ils avaient des voix mélodieuses, ni trop graves, ni trop aigues, de sorte qu’on ne savait pas si la personne qui avait parlé était un homme ou une femme. De plus, ces voix étaient très agréables à entendre. Amie, puisque c’était son nom, aurait voulu les écouter des heures durant. Mais elle se résigna à répondre.

« Je… Je me suis arrêtée près d’une plaine magnifique… Vous l’auriez vue ! »

Et elle se surprit à décrire la plaine. Au bout d’un long moment, elle se rappela qu’elle ne connaissait pas les personnes qui se trouvaient en face d’elle, ici, dans la forêt, loin de ses rêves…

« Mais… qui êtes vous ? Vous n’êtes pas des Hommes, n’est-ce pas ? Mais alors… Qu’êtes-vous ? »

Ils hochaient lentement la tête.

« En effet, nous ne sommes pas des Humains. Croyais-tu qu’il n’y avait qu’une espèce douée d’intelligence ? Nous sommes des Alfes Verts de la Forêt de Noótar. »

Amie était de plus en plus étonnée… Les Quoi de la forêt de Quoi ?? Ils semblèrent lire dans ses pensées.

« Noótar est une île lointaine, qui se trouve au-delà de la plaine que tu nous as décrite tout à l’heure, la mer comme elle est appelée dans tes contrées. Loin, dans l’Archipel… Tu ne connais pas non plus l’Archipel. Peu importe, tu apprendras bien assez tôt ce que c’est. Et nous, les Alfes verts, sommes un peuple qui jadis mena certains humains dans l’Archipel pour les sauver. Nous avons besoin de ton peuple, Amie. Grand besoin. C’est pourquoi nous t’avons faite venir. Tu es la seule à pouvoir nous écouter et nous croire. Toi seule peux trouver les bons arguments. Car ton peuple nous est étranger, nous le connaissons très mal, et nous ne le comprenons pas le moins du monde. Je t’en prie, Amie, aide-nous. »

Amie ne savait pas quoi répondre… Elle était humaine, certes, elle en avait l’apparence… La peau un peu bronzée, le corps musclé, les yeux noirs, les cheveux noirs et ondulés, elle mesurait comme la plupart des hommes un mètre soixante… Et pourtant, elle se sentait étrangère à ce peuple… Ils l’avaient toujours rejetée à cause de sa mélancolie, de ses origines un peu floues, de ses idées étranges qui n’avaient pas leur place dans les Citées d’Or. De plus, elle était très pauvre, ce qui amplifiait son exclusion et sa marginalité… Vêtue de haillons et chaussée d’air frais… Les cheveux emmêlés, la peau crasseuse, les yeux un peu rebelles. Elle ne savait si « son peuple » l’écouterait plus que les Alfes.

« Sois sans crainte, je suis sûre qu’ils ne sont pas comme tu penses qu’ils sont… Veux-tu venir te reposer dans notre cité cachée ? C’est un privilège. Sois sans crainte, une fois là-bas nous t’expliquerons mieux quelle est ta mission. Par contre, tu ne peux voir où nous allons, car nous te faisons confiance mais moins à ton peuple.»

Amie n’hésita pas un instant. Elle s’empressa d’accepter la proposition de la créature qui se nommait elle-même un Alfe. Elle se laissa docilement bander les yeux avec un tissu beige extrêmement doux et agréable, qui avait un parfum de feuilles fraîchement coupées. Elle se laissa ensuite guider à travers la forêt, du moins le pensait-elle. Elle marcha longtemps, longtemps, aidée en cela par les Alfes. Pourtant, elle ne sentait pas la fatigue l’envahir… C’est comme si c’est forces s’étaient décuplées. Et pourtant elle était toujours la même, Amie la jeune Humaine exclue… La petite fille fragile trouvée et employée par ses maîtres…

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Au bout de deux jours de marche interrompue de temps à autre pour manger ou pour se reposer, ils arrivèrent dans une autre clairière. Ils enlevèrent le tissu qui l’aveuglait. Elle vit qu’en effet, comme elle l’avait pensé, elle se trouvait dans une clairière, mais elle pensa que ce n’était pas la même forêt que la clairière précédente. En effet les arbres ici n’étaient pas des sapins ou des pins, mais des arbres qu’elle ne connaissait pas. Ils avaient un port beaucoup plus haut et majestueux, et la végétation était beaucoup plus dense. Devant-elle trônait un palais majestueux fait de pierres, de bois et de glace, le tout camouflé par la forêt et recouvert de multiples plantes vertes ou fleuries. Un Alfe l’invita à entrer dans cette bâtisse qui semblait très agréable. Elle s’exécuta. Ses questions attendraient.

Elle se retrouva dans un hall assez grand sans pour autant l’être trop. Le sol était recouvert de dalles calcaires entre lesquelles s’efforçait de pousser une herbe bien grasse comme on en trouve dans les régions humides. Le plafond était soutenu par d’épaisses poutres claires mais qui ne semblaient pas être faites d’un bois connu de Amie. Sur les bords de cette pièce, des coussins et des tapis donnaient un aspect confortable et chaleureux. Face à elle, trois portes, ou plutôt trois arches creusées dans le mur arrondi.

L’Alfe lui désigna l’ouverture du milieu. Elle se retrouva dans une sorte de salle à manger dans laquelle se trouvaient trois grandes tables rondes en bois de rose. Autour de celles-ci se trouvaient des chaises de bois sculptées et incrustées de petits cristaux. De nombreux Alfes étaient présents, apparemment prêts à prendre un repas. A la plus grande table, deux places restaient libres, attendant que quelqu’un les occupe. Justement, l’Alfe avec qui elle avait le plus parlé lui désigna une des deux chaises et prit l’autre. Elle ne savait quoi faire. Elle se trouvait en effet à une table où seyaient de grands Seigneurs, d’après ce qu’elle pouvait deviner.

En effet, leurs vêtements étaient ornés d’argent. Leurs bijoux eux aussi étaient d’argent. Ils dépassaient tous leurs semblables en taille et en beauté. Enfin, leur port était royal, ils avaient un air humble mais puissant à la fois, un air sombre et clair, triste et joyeux… Le repas était servi dans des assiettes de pierre blanche qu’Amie ne connaissait pas.

Au début, des serviteurs (qui pourtant n’avaient pas l’air de serviteurs) apportèrent tout d’abord les entrées. Il y avait des crudités à profusion. Des légumes inconnus d’Amie mais très savoureux. Il y avait également des sortes de feuilles vert pré, ainsi que des espèces de petits pâtés. Tout cela était délicieux, mais Amie eut vite l’estomac plein. Comme tous les Alfes, pensa-t-elle, car ils ne semblaient pas avoir beaucoup mangé. Ensuite vint un plat de riz. Du moins l’imagina-t-elle. Car ce n’était pas du riz mais une céréale qui ne poussait que dans la région de Svaal. Là encore, elle ne put presque rien avaler, malgré le goût exceptionnel du repas. Enfin, en dessert, elle eut droit à une farandole de fruits multicolores et délicieux. Après le repas, un Alfe qui semblait être un Seigneur, s’adressa à elle.

« Bienvenue dans notre demeure, Amie. Oui, je sais qui tu es et ce que tu viens faire chez nous. Mais je ne me suis pas présentée. Je suis Ylnn, la Grande Alfe du Bois de Gayam. Je sais que tu ne comprendras pas tout. Mais ce n’est pas grave. Je vais t’expliquer des choses ce soir.

« Tu ne sais pas vraiment pourquoi tu es ici, n’est ce pas ? Ni où tu es. Ni qui nous sommes. En somme, tu ne sais pas grand-chose. Tu as bien fait d’accepter notre invitation.

« Eh bien sache que nous ne sommes plus dans ton monde… Ou plutôt, si… Mais pas vraiment… C’est difficile à expliquer… Il faudrait que je te raconte l’Histoire… Le veux-tu ? »

Et sur un hochement de tête de la jeune humaine, elle enchaîna :

« Il y a très, très longtemps, la Terre apparut dans l’Univers… Personne ne sait vraiment comment. Les versions ne sont pas les mêmes selon les civilisations. Pour ton peuple, un Dieu créa un jour le Ciel et la Terre… Pour mon peuple, c’est une Déesse qui le fit… Mais peu importe. Je ne suis pas là pour t’apprendre ma religion, ni la tienne… Donc quand la Terre fut là, des êtres vivants apparurent. Les premiers furent les Hans. Puis naquirent les Alfes, les Humains, les Buzgos… Et les Homs. Les Homs sont des créatures lâches et infâmes qui tuent et asservissent sans pitié. Lorsqu’ils apparurent, ils terrorisèrent les humains… Les Alfes, grâce au peu de Magie qu’ils connaissaient, purent leur créer un Havre de paix au milieu de la Tourmente. Au Nord, ils fabriquèrent l’Archipel, petit ensemble d’îles qu’ils entourèrent de brume. On ne pouvait les voir que si l’on désirait être hors du monde, qu’on s’y sentait étranger. Puis les Alfes revinrent sur le continent. Ils proposèrent aux Hommes de les suivre. A l’époque, les Hommes ne mesuraient pas plus d’un mètre quarante. Ou bien très rarement. Il y avait en particulier une famille de cette taille. Ceux-là refusèrent notre aide. Ils se sentaient assez forts pour vaincre les Homs. Quelques amis à eux restèrent également. Mais les autres, ceux qui voulaient nous écouter et nous croire, sont venus dans l’Archipel. Ils ont vécu heureux durant des siècles, ton peuple les a vite oubliés, comme ils l’ont également oublié.

« Mais il y a quelques temps, les Homs ont découvert notre Havre, par hasard. Nul ne sait comment ils s’y sont pris. Ils ont chassé les Hans, un peuple qui vivait sur l’île d’Oio depuis très longtemps. Ils les ont décimés. Depuis, ils vivent sur cette île autrefois magnifique, comme le relate l’histoire des Hans. Mais il y a quelques temps, ils ont découvert une caractéristique chez les humains qui les a fortement intéressés. C’est pourquoi ils ont commencé à enlever des Hommes, nous ne savons toujours pas pourquoi… Nous ne savons quelle est cette caractéristique si importante… Mais ce que nous savons, c’est que nous devons combattre les Homs. Et pour cela, nous avons besoin de l’aide de tous les peuples. Même le tien, malgré le fait qu’il ne nous aime pas beaucoup… »

Ylnn semblait avoir terminé son discours. Elle se rassit en douceur. Sur son visage se lisaient la lassitude, la fatigue et l’espoir. Amie aurait aimé aider ces être si bienveillants, mais elle ne savait comment les aider. Elle avait honte de ne pouvoir leur faire plaisir. Mais Ylnn se leva à nouveau.

« Bien sûr que tu peux nous aider. Tu dois demander de l’aide à ton peuple. Tu n’es peut être pas importante pour eux, mais tu les connais, tu pourras donc trouver des arguments efficaces, mieux que nous du moins. Tu devras parler aux chefs de ta civilisation. Tu devras les convaincre d’entrer dans une guerre dont ils se moquent. Telle est ta mission, je sais que tu peux y arriver, si tu le veux. »

Puis elle se tourna vers la salle, faisant un signe de la main. Les Alfes se levèrent ensemble et sortirent de la pièce. Il ne restait plus que Ylnn, Amie et un autre Alfe qui semblait très puissant. Ce dernier se présenta en tant que Nayel, jeune frère d’Ylnn. Il demanda à Amie si elle acceptait de les aider.

« Oui, je voudrai vous aider, mais je ne suis pas sûre de le pouvoir… »

« Eh bien, je pense pouvoir te donner un conseil. Mets dans ta quête toute la force du désespoir. Comme si tu étais sûre de ne pouvoir y parvenir mais que tu voulais surpasser le domaine du possible et réaliser quelque chose d’impossible. Je pense que tu en es capable. »

« Je ferai tout mon possible, et même plus, pour vous venir en aide. »

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Sur-ce, les deux Alfes se levèrent. Ils devaient mesurer au moins deux mètres chacun ! Amie paraissait vraiment petite entre eux. Elle les suivit dehors. Elle demeura quelques jours auprès d’eux, pour se reposer. Ylnn lui indiqua une manière pour rentrer chez elle. Elle devait prendre un navire et traverser la brume. Le voyage serait sans doute difficile et très long, mais elle ne pouvait lui enseigner une autre manière. Elle lui enseigna également le maniement des dagues, car cela pourrait sans doute lui servir, de retour chez elle…

Le soir de son départ, Amie admira une dernière fois le palais caché des Alfes, et leur monde merveilleux. Ici, la Lune n’avait pas tout à fait la même apparence que chez elle. Ylnn sembla encore une fois lire dans ses pensées.

« La Lune ? Nous ne connaissons pas ce mot ici. Je pense que tu veux parler de la Pier ? L’astre de la Nuit, n’est-ce pas ? Eh bien ici, il porte le nom de Pier. Adieu, Amie, qu’un bon vent te mène chez toi… »

Elle s’assit alors sur un rocher et observa l’immensité de la Nuit. Ciel bleu, d’un bleu marine comme on en voit rarement. Illuminé par quelques étoiles, diamants miroitant au firmament. Illuminé par la Pier. Alors Amie pensa très fort à sa ville. Elle n’avait aucune envie d’y retourner. Mais elle se dirigea vers le port qu’on voyait au loin, où l’attendait un navire blanc comme la glace. Quelque part, un loup hurla. Une louve.

15:19 Écrit par Lya Remy dans Romans | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

Commentaires

Bonjour (ou, plutôt, re-bonjour) J’ai lu tout ton blog avec beaucoup de plaisir, tes écrits sont très jolis, vraiment. D’ailleurs, je t’ai mise dans mes favoris… Juste avant de voir qu’il y avait également un lien vers mon blog dans le tien, ce qui m’a beaucoup beaucoup touchée. Je t’en remercie donc… Que dire de plus ? Je ne sais pas… Je dirai simplement que tu as une belle plume, qui sait émouvoir, et qu’on te lit avec bonheur (même si les textes sont souvent tristes, mais bon, je me comprends). Et j’ajouterai que j’adore aussi les loups. Je te souhaite également une très bonne continuation pour ce projet de roman (qui est ma foi fort bien parti ;-)), pour ma part jusqu’à présent je ne suis jamais parvenue à finir ceux que j’ai pu commencer (nombreux, très nombreux). Voilà… Je reviendrai errer par ici et certainement déposer quelques mots peut-être un peu maladroits, mais enfin… Passe une bonne soirée, à bientôt peut-être. Moi, je retourne à mon rangement… Sic.

Écrit par : Saliak/Luminelya/Chloé | 25.08.2005

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