09.09.2005
Pluie
Qui aurait pu croire que quelques nuages éparpillés dans le ciel du matin, que cette bruine fine, donneraient lieu à des inondations ? Qui aurait pu prévoir que cent millimètres d’eau causeraient des dégâts ?
C’est avec nonchalance que chacun quitta sa demeure le matin. Une pluie fine, accompagna la jeune fille, jusqu’à son arrêt de bus. Quelques coups de tonnerre retentirent, lointains mais néanmoins puissants. La jeune fille avait presque oublié la pluie ayant inondé les villages alentour, trois jours plus tôt. C’est d’un pas léger qu’elle monta dans le bus, chargé malgré l’heure tardive. Elle se fraya une place près d’une fenêtre, afin de pouvoir admirer à sa guise les gouttes d’eau qui ruisselaient contre la vitre. Une musique douce se faisait entendre, la radio écoutée par le chauffeur. Elle se sentait seule, dans ce bus, où elle ne connaissait personne. Des groupes se formaient par affinités, bruits étouffés de conversations à voix basse. Enfin, au bout de quelques minutes de rêverie, le bus parvint devant le lycée. La jeune fille en descendit, puis se dirigea lentement vers l’entrée du lycée. La pluie tombait toujours, formant quelques flaques. Le ciel était gris, les nuages semblaient épais. Peu d’élèves étaient encore dans la cour, car la première sonnerie avait retentit. Mais elle n’avait pas cours. Elle avait une heure à attendre. Elle s’installa sur un banc, admira le ciel, admira la cour qui se gorgeait d’eau. Les flaques prenaient peu à peu des allures de mares. Le tonnerre grondait toujours, loin au-dessus de sa tête. A l’abri d’une sorte de auvent, son sac ne craignait rien. Mais sur son visage ruisselaient tout de même des gouttes froides, qu’on aurait pu prendre pour des larmes. Durant les trois heures qui suivirent, alors qu’elle était dans des salles de classe aux fenêtres grandes ouvertes, les tables et ses vêtements prirent l’eau. La pluie devenait à chaque instant plus puissante, les coups de tonnerre se faisaient entendre plus souvent. Le bruit des gouttes s’écrasant au sol se faisait plus présent, les voix des professeurs devenaient presque inaudibles. La jeune fille se demandait, de plus en plus souvent : « Mais que fait le préfet ? » Des images des inondations des jours précédents refirent surface. Certes, ce jour-là, la ville n’avait pas été beaucoup inondée, mais quand même ! Dans les couloirs, entre les cours, les discussions s’intensifiaient. On se demandait pourquoi le préfet n’avait pas encore évacué les lycées, pourquoi on était obligés de regarder la pluie tomber sans pouvoir rien faire.
A midi, la jeune fille partit manger, au réfectoire. Mieux valait ne pas trop sortir. De plus en plus, la cour prenait des allures de grandes mares. Dans les rues de la petite ville, des torrents se formaient, les cadereaux et les canaux débordaient. Mais le préfet n’ordonnait toujours pas l’évacuation des établissements scolaires. Après un repas rapide, la jeune fille ressortit.
Quelques élèves étaient déjà partis, malgré les cours qui n’étaient pas interrompus. Le ciel ne se découvrait pas, l’orage commençait à peine. Un rideau blanc coulait des toits, certaines salles de classe commençaient à fuir. Mais les cours se poursuivaient. Les professeurs étaient tout autant énervés que leurs élèves, eux aussi se demandant ce qui se passait. Les réseaux téléphoniques saturés, personne ne pouvait rien savoir. La jeune fille n’avait pas de nouvelle de sa petite sœur, qui devait être au collège, ni de son petit frère, en primaire. Elle n’avait pas de nouvelles du préfet, qui visiblement voulait se faire prier. Tout le monde attendait, dans le doute et la tension qui montaient. Peu à peu, on entendait des nouvelles : « tel et tel quartiers sont fermés, impraticables, inondés. Dans telle rue, il y a déjà trois mètres d’eau. » Les élèves amplifiaient la catastrophe. La tension montait encore. « Les bus ne passent plus. » Déluge de plaintes. « Quoi ! On nous évacue pas mais il n’y a plus de bus ! » Cela signifiait, devoir rentrer à pieds.
Enfin, les cours se terminent. La jeune fille se précipite aux portes du lycée, pour enfin rentrer chez elle. Mais en vain. Des surveillants bloquent le flot des élèves en colère à l’intérieur. Ils ont pour consigne de ne pas laisser sortir les élèves, c’est bien trop dangereux. Alors ceux qui parviennent à convaincre, parce qu’ils sont majeurs, parce qu’ils habitent à deux pas, ou autres, parviennent à fuir le grand bâtiments. Les autres passeront la nuit dans le lycée. C’est le cas de la jeune fille, qui habite loin, dans un quartier dangereux. Heureusement, la ville prête des matelas et des sacs de couchage, et prépare des repas. Le lendemain, la jeune fille, ainsi que tous les autres élèves piégés, pourra rentrer chez elle, après une nuit mouvementée ou chacun s’efforce de mettre une ambiance joyeuse dans le gymnase.
Deux cent millimètres d’eau, ce n’est pas si énorme… Et pourtant, quand les nappes phréatiques de la région sont gorgées d’eau, quand la terre est déjà saturée, quand les nuages subsistent et que l’orage persiste, alors l’eau coule sur la terre battue comme sur une piste, s’infiltrant dans la moindre faille, dans les maisons dont les portes ne sont pas assez étanches. Quand les cadereaux sont déjà pleins, que peuvent-ils faire d’autre que déborder ?
Voilà c’était ma réflexion philosophique du jour XD j’espère que ça vous a plu. Sachez que les personnages de cette histoire sont fictifs. Seul le contexte est véritable, bien que peut être parfois un peu exagéré… :D Bonne journée à vous !
13:46 Écrit par Lya Remy dans Prose | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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Commentaires
.. Ben moi j'aimerai bien la commenter ta philosophie mais à cause de la pluie j'ai pas eu droit à mon cours de philo alors... Et par ailleurs de mes copines qui ont passé la nuit au lycée elles m'ont toutes dit qu'elles s'étaient bien amusées dès le moment ou elles avaient sut que leur parents allait bien.
Écrit par : lils | 09.09.2005
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