27.01.2006

Abandon





A une amie qui m’est chère…




Un cri déchirant jaillit soudain, se répercuta dans toute la vallée qui s’étendait à ses pieds. Quelques larmes au goût amer coulèrent le long de ses joues, tombèrent au bas de la falaise. Comment avait-elle pu penser que tout changerait en un instant ? Elle hurla au monde son malheur et son désespoir, sa haine et sa rancœur. Un sentiment d’abandon lui lacérait les entrailles, une boule de désespoir se forma dans son ventre. Les cheveux dans le vent, elle cherchait de tous côtés, désespérément. Mais ils n’étaient pas là. Elle avait eu tort d’espérer un changement radical dans ses relations au monde qui l’entourait. A nouveau, elle eut envie de crier, d’hurler. Mais tout ce qui sortit de ses lèvres fut un sanglot étouffé, un murmure froid. Elle s’effondra à genoux, le visage dans les mains. Un poids plus grand et plus terrible encore que le poids du monde semblait l’accabler. Ce n’était que le poids de la solitude qu’elle pensait aimer, mais ce poids était bien trop lourd à porter pour de si frêles épaules.

Elle accepta l’idée qu’ils ne viendraient pas. Quelle demeurerait seule. Quelques instants de plus… Quelle importance ? Sans aucun doute avaient-ils simplement oublié ce rendez-vous sans grande importance. Les mathématiques attendraient, voilà tout. Ils avaient simplement oublié de la prévenir que la motivation n’y était plus… Ou bien, peut être, ils n’avaient pas trouvé le lieu du rendez-vous, un endroit presque perdu au milieu du lycée. Pour elle, cet oubli était un déchirement intérieur, une preuve supplémentaire à ses pensées : ils ne l’aimaient pas. Ou peu. Très peu. Elle pour qui ils étaient tout, se désolait. Toute illusion, tout espoir était sur le point de la quitter. Le cœur empli de peur, de détresse, de haine peut être, elle erra un moment dans l’immensité sèche et grouillante de la garrigue. Les sentiments se bousculaient. Elle ne savait plus si elle devait les détester, en être déçue, ou bien leur pardonner…

Avisant à nouveau la falaise qui descendait à pic vers un pierrier, elle s’approcha. Quelques pierres roulèrent. Elle faillit chanceler un instant. Vision d’horreur. Envie soudaine de couler, de se cacher, de courir loin, très loin. Elle s’effondra à genoux, griffa le sol de ses petits doigts fins. Hurla de rage. Les larmes coulèrent derechef.

Puis, peu à peu, le paysage devint flou, s’effaça devant ses yeux, laissant place à une pièce sombre. Il n’y avait plus de falaise. Elle n’était que dans un lycée, penchée sur un exercice de physique, attendant en vain des amis qui ne viendraient pas… Il était trop tard, maintenant. Ils ne viendraient plus.

19:18 Écrit par Lya Remy dans Prose | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |  Facebook |

Commentaires

omg Jsais pas trop quoi dire. Juste, peut-être, que c'est une bien belle façons de transcrire une réallité pas toujours rose. Ainsi, le dernier paragraphe est peut-être de trop, mais peut-être qu'il est necessaire à ceux qui n'auraient pas compris avant.

Écrit par : Malorien | 29.01.2006

Peur Un superbe texte qui fait froid dans le dos, pas cool le lycée!!

Écrit par : Zouzou | 01.02.2006

... Ah, je compatis, la physique c'est ellement incompréhensible!!
Ah, mais c'est pas de ça que parle le texte? Zut alors...

Écrit par : lilis | 01.02.2006

Écrire un commentaire