29.04.2006
La mariée
Pourquoi avait-elle pensé que ce mariage serait pour elle le commencement d’une nouvelle vie ? Quelle folie en vérité que cette pensée ! La jeune fille aimait son amant comme une jeune fille aime son amant : de tout son cœur. Elle aimait profondément ses amis, qui pourtant étaient plutôt indifférents à son égard. Il lui arrivait parfois de demeurer de longues heures silencieuse, à attendre qu’enfin quelqu’un lui adresse la parole. Elle savait pertinemment que ses amis n’y étaient pour rien, qu’elle et elle seule était en cause, puisqu’elle avait trop peur de déranger. Que ses amis la trouvaient certainement étrange et la laissaient à sa solitude, pensant qu’elle aimait cette solitude.
Quand elle avait annoncé qu’elle allait se marier en « petit comité », comme on dit, tous lui demandèrent la date. Elle leur annonça avec joie, et leur dit qu’elle serait ravie de les voir ce jour-là, même si elle n’organisait pas réellement de fête. Ils lui avaient tous répondu qu’ils viendraient, que ce serait vraiment bien. Le jour du mariage, elle avait épousé son amant, comme c’était prévu depuis un an. Ils étaient peu nombreux. Il y avait elle, il y avait lui, le maire, et un ou deux amis du marié. La jeune fille avait attendu toute la journée, en vain. Ils avaient tous noté la date, ils avaient promis de venir. Aucun n’était venu. Aucun n’avait même téléphoné. Aucune lettre ne lui était parvenue. Rien. Le néant.
Alors le soir venu, elle s’était enfuie en pleurant, sous les moqueries gentilles de son mari –moqueries plutôt adressées aux amis de la mariée qu’à la mariée elle-même…- Elle avait couru jusqu’au parc municipal, sous la pluie. Ses chaussures avaient glissé, alors elle avait continué de courir, les pieds nus, ses larmes se mêlant à la pluie. Elle s’était effondrée sur un banc, et elle gisait là, attendant avec encore un peu d’espoir un message sur son téléphone portable, ou bien une heureuse apparition au coin du parc. Mais rien ne venait. Elle voulait hurler sa rage et sa haine, elle voulait arracher cette robe qui marqua un jour funeste. Elle voulait arracher ses cheveux d’or coiffés avec patience par sa mère adorée.
Elle demeura sur son banc, éplorée, jusqu’à la cessation de la pluie, jusqu’à la nuit. Puis elle se leva en silence, comme une ombre, et marcha, encore et encore, jusqu’à l’épuisement de ses forces et de sa rancœur. Alors, elle se retourna et vit le soleil qui allait se lever. C'était l'aube d'un jour nouveau. Un nouveau jour qui commençait.
15:03 Écrit par Lya Remy dans Prose | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note |
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Commentaires
... Ils sont bizarres c'es amis, on loupe pas une fête, ça se sait quand même!!!
Bon trève de débilerie.
C'est difficile de mettre des commentaires, j'ai toujours l'impression de dire la même chose, de me répéter.
Ce texte je l'ai trouvé triste certes, plus mélancolique que triste peut être, mais il finit sur une touche que je qualifirais d'optimiste, ce jour nouveau qui se lève, j'ai presqu'eu envie de lui crier à la jeune fille, vas-y oublie les ces pseudos-amis, sont idiots de toute façon!
Enfin tout ça pour dire que ce texte m'a bien plu quoi.
Écrit par : lilis | 30.04.2006
. . . Tiens, t'a changé un peu de style d'écriture je trouve, c'est plus sec, plus directe, plus brute que d'habitude.. Les phrases sont globalements plus courtes, les descriptions moins dévellopées.. j'aime bien aussi :)
Bah voila ce qui ce passe quand on invite des amis à une fête sans j.. ni alcool... ya pu personne ^^
Écrit par : Malorien | 30.04.2006
Très joli Tout comme Lilis j'ai l'impression de me répéter, mais j'aime bcp ce texte, et ce côté optimiste est très sympa ça change.
Enfin super koi!
Écrit par : ZOUZOU | 02.05.2006
vraiment beau coucou !! ben, c'est juste pour dire que, sincèrement, je la trouve vraiment bien écrite cette histoire!! Sinon, j'espère que tu passes de bonnes vacances et que tu en profites bien pour réviser! Voilà, bisous et à bientôt !
Écrit par : Typhaine | 03.05.2006
Kikoo ^^ Je squatte un peu de blog et un petit mot pour te dire que j'aime beaucoup ce texte, continue dans cette voie ! ;)
Écrit par : Jeanne Kerhigor | 01.06.2006
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