20.06.2006
Ecrits à Nîmes
Stage d’écriture
10 et 11 Juin 2006 à Nîmes
Compte rendu
Cette fois, c’est à la maison qu’a lieu le stage. La date ne m’enchante pas, même si à l’époque ça ne me gênait pas outre mesure : car les révisions se font pressantes, le bac approche à grands pas, et j’ai l’impression de n’avoir rien fait, ou si peu… Enfin bref, ma mère tente de me convaincre de faire le stage du début à la fin (d’ailleurs je finirai par me laisser convaincre, faut dire que ma mère faisait comprendre à tout le monde que j’avais « déjà beaucoup travaillé, qu’il ne faut pas trop travailler, etc. », en bref l’inverse de ce que disent les parents en général xD) Enfin bref. Les participants arrivent aux alentours de quinze heures (personne ne s’est perdu, cette fois), et on commence après avoir un peu discuté. Il y a deux « petits nouveaux », qui ne sont autres que le frère d’une participante, Michel, ainsi que ma tante, Geneviève. Et il y a un noyau dur qui reste depuis le premier stage, constitué de Michel, l’organisateur, Pierre et Jean Pierre, Anne, et Dominique.
La première production vient d’une idée de Geneviève, sur le principe de Trois p’tits chats, Chapeau d’paille, Paillasson, Somnambule, et cætera. Chacun écrit donc une liste de mots qui se suivent, pas forcément de trois syllabes. Pourtant, nous avons remarqué que dans beaucoup de listes il y a un bon nombre de mots de trois syllabes, ce qui montre qu’on est toujours induit par notre expérience. En précisant bien sûr que nous sommes invités à produire une liste de mots qui se suivent, mais également à désobéir joyeusement aux consignes. Je dois dire que je n’ai pas été très inspirée, mais voici tout de même ma liste :
Mie de pain – Pin parasol – Solitaire – Terre mère – Mer – Merveilleux – Yeux de loup – L’ouragan – Gant de soie – Soi – Soirée – Rémanent – En tissu – Sûrement – Mentir – Tirailler
Il paraît que cette liste me ressemble, je ne saurai le dire en tout cas…
Pour continuer dans les jeux de mots (au sens littéral), Jean Pierre propose des mots-valises. Il s’agit de former à partir de deux mots (ou plus, pourquoi pas) un autre mot. Par exemple, ordinateur et pinceau pourraient former « Ordiceau », ce qui pourrait être un ordinateur particulier servant aux arts plastiques.
Mes mots-valises sont :
Désable, qui est, selon moi, un désert de sable, mais qui, selon Geneviève, est le caractère désagréable du vent à la plage, qui empêche, notamment, de manger des sandwiches.
Etucin, un étudiant en médecine
Aniteur, un animal prédateur, qui prendra de nombreux sens, un peu plus tard.
Après cette création de mots, nous les échangeons et devons trouver des définitions (en sachant qu’on ne connaît pas les mots de départ)
Pour moi, voici ce que signifient Peinfiture, Tablottin et Thébut :
La peinfiture est un fluide transparent, à base de morceaux de fruits et de gelée, utilisée généralement pour la coloration de tableaux de maîtres. Elle est utilisée depuis les années 1980 par un groupe d’artistes dits « dissidents », qui « désiraient donner plus de relief » à leurs œuvres. Et en effet, les morceaux permettent des reliefs originaux, tandis que la gelée donne un aspect vernis au tableau, et incite quelques insectes à prendre part à la réalisation artistique. Ainsi, la première abeille peinfiturée fut retrouvée en Juin 1980 sur un tableau qui représentait un champ de fleurs, intitulé « Champ de fleurs ».
Un tablottin est un tableau issu du mouvement artistique post-satanique, sur lequel sont représentés des diablotins farceurs. Ce mouvement post-satanique est particulièrement présent chez les artistes de l’ancienne école florentine, étrangement, et consiste en un joyeux mélange de couleurs vives, qui enchantent souvent les enfants parisiens (allez savoir pourquoi…). Les tablottins sont généralement de grande taille et ornent les coupoles des églises gothiques du Moyen-âge, ce qui incite la jeunesse parisienne à fréquenter les églises plus que de coutume. Il semblerait qu’il y ait une part de magie dans cet attrait, c’est pourquoi les chefs des gouvernements s’interrogent depuis près de vingt ans sur une possible censure…
Un thébut est une offrande ou un impôt, dans certaines anciennes colonies, consistant en sacs de feuilles de thé, que devaient les paysans producteurs de thé ou de blé (mystérieusement) aux colons ainsi qu’aux chefs ou rois locaux.
Avec cet « exercice », nous avons eu droit à bon nombre de définitions parfaitement hilarantes, comme on pouvait le prévoir avec un tel groupe. Malheureusement, on n’a jamais appris les définitions originelles des mots définis. Pour continuer le stage, on se propose de refaire une définition, mais cette fois avec le même mot pour tous. Le mot vient de Anne, et il s’agit d’Influxdomtom.
INFLUXDOMTOM : Sigle géopolitique désignant une contrée étrange et lointaine, insulaire, dont nous tairons le nom par discrétion. Cette île, sensiblement de la taille de la Terre, située au large des côtes françaises méditerranéennes, connut une histoire sanglante durant dix millénaires, jusqu’à l’apparition de l’Homme moderne, aussi nommé Homo Sapiens du fait de la sagesse qu’il s’était lui-même déclaré posséder (on ne put d’ailleurs jamais vérifier l’existence de cette sagesse, car l’Homme moderne, aussi nommé Homo Sapiens, disparut le 30 Juin de la 2006ème année de leur calendrier, au profit des Surhumains prônés par Nietzsche, à savoir… Nous, habitants de l’INFLUXDOMTOM, notamment. Cette île, donc, INFLUXDOMTOM (dont nous tairons le nom par soucis de discrétion), le 30ème jour de sa dix millième année, lorsque naquit le premier Homo Sapiens (qui était, il faut bien le dire, un enfant colérique et capricieux), connut une paix durable, qui dura dix mille ans supplémentaires, et qui continue encore aujourd’hui. Nul ne comprit jamais le brusque arrêt de la violence […].
Le […] à la fin, signifie que je n’ai pas eu le temps de terminer. Sur ce texte, nous avons eu beaucoup de Dominique et Thomas ou Saint Dominique et Saint Thomas d’Aquin, voire Saint Domingue… A nouveau, nous avons bien ri. Et pour continuer dans la joie, je ne sais plus qui propose cela, cela vient peut-être d’une idée général, on décide d’écrire en « petit nègre », en insérant des inducteurs, qui ne sont autres que des mots-valises, pour changer ^^. Ces mots seront soulignés. Je dois dire que j’ai été assez inspirée par ce texte (le langage « petit nègre » me fut naturel :p, par contre le contenu a eu du mal à venir ^^).
On me demande de parler petit nègre, mais après tout, un petit nègre peut avoir fréquenté l’école. Je parlerai donc petit nègre étudiant. Dans lissoire, qui coule, tel un fleuve, depuis bien des années, on vit de nombreux « nègres » aller à l’école. Tenez, ceux qui ont écrit l’histoire d’une certaine Agatha, par exemple. Ils avaient peinturlupiné cette criminelle, et Dieu sait qu’ils en avaient eu, du mal ! Ils n’en dormaient plus… Et pourtant, ils sont parvenus, à dix petits nègres cultivés, à dépeindre le portrait d’une criminelle méthodique et réfléchie. Que dire de plus sur ces artistes de la plume ? Rien… Non, vraiment ! Nous aurions pu parler de leurs calsons, dont nous tairons la traduction afin de laisser votre imagination vagabonder en toute liberté, dans la forêt ou dans les plaines, en compagnie d’aniteurs ou d’aniproies, aussi nommées anictimes, au milieu de l’infini ou du vide sidéral… Mais nous nous égarons : revenons à nos aniteurs, ou plutôt à nos moutons. Mais nous n’avons pas de moutons. Et je n’ai plus rien à dire. Aussi, je ne dirai plus rien, et j’en ai terminé avec mes nègres.
Bon, comme vous le voyez, le contenu est un peu vide, mais ce n’est pas important, l’essentiel c’est que je suis parvenue à écrire alors que je n’avais strictement rien à dire ^^. La langue « petit nègre » a été, le plus souvent, détourné en « petit zozoteur » ou autres, mais je ne me rappelle pas de tout, à croire que les révisions sortent de la tête tout ce qui n’a pas trait au BAC ^^.
Pour la suite, nous faisons un simple logorallye (dont voici le principe, déjà énoncé en mars, pour ceux qui ne suivent pas : « Il s’agit d’écrire un texte en insérant des mots et des inducteurs au fur et à mesure, au rythme d’un mot toutes les deux minutes, mots que chaque participant donne l’un après l’autre. Les inducteurs seront soulignés. »). Cette fois, le premier inducteur, donc le mot de départ, est « tournesol ».
L’aigle planait, majestueux, loin, là-haut, proche du ciel et de l’Infini, proche du soleil. Le paysage défilait sous ses yeux émerveillés, ce paysage qu’il avait mille fois admiré, et qu’il admirait comme au premier jour : la mer, immense et somptueux miroir scintillant aux reflets changeants, d’or et d’argent, les champs de tournesol, ces myriades de petits soleils qui vivaient au sol, cherchant leur père du regard ; les grandes falaises sculptées par le temps, finement ciselées ; et puis, là-bas, tout là-bas, au faîte de l’une de ces falaises, un petit point immobile. L’aigle s’approcha, en douceur, planant toujours, ses larges ailes déployées, gracieuses. Le petit point s’approchait lentement, puis plus vite. Un enfant. C’était un enfant, ses lunettes déposées sur le sol. Il avait posé son regard azuréen sur le plumage chatoyant de l’aigle, semblait perdu dans des rêves profonds et magiques. Il ne faisait pas attention aux aiguilles qui se plantaient dans ses jambes, ne faisait attention qu’à l’Infini, il était bien. Et l’aigle était intrigué par cet enfant solitaire, loin des siens, qui lui faisait quelque peu penser à lui, l’aigle solitaire, qui évitait soigneusement les autres aigles, qui demeurait autant que possible loin des étourneaux et des goélands, ces oiseaux bruyants qui troublaient sa sérénité. Lui, l’aigle Royal, l’aigle solitaire, aimait mieux à vagabonder seul, des heures durant, des jours durant, à admirer la mer, les falaises ou les champs de coquelicots et, présentement, un enfant solitaire qui rêvait, proche du ciel. « Quelle transformation chez les hommes », songeait, étonné, notre splendide aigle. Et pourtant, de tous temps, les enfants des hommes avaient apprécié une certaine solitude, même momentanée. L’aigle aurait aimé aborder le petit garçon, et partager sa rêverie… Alors, il se posa en douceur près de lui, et leurs regards se croisèrent : l’un d’Or, l’autres d’Azur, et l’aigle et l’enfant partagèrent leurs rêves, leurs voyages. L’aigle put lire dans l’âme de l’enfant tout le « stress », comme on l’appelle, de la vie moderne : les voitures, ces monstres effrayants, le téléphone, animal au chant strident dénué de sens… Mais il y vit aussi de la poésie : une larme, peut-être, comme une perle de rosée perchée sur le doux pétale d’une rose… Des vagabondages merveilleux, et des rêves, enfin, à n’en plus finir. Alors, l’aigle baissa les yeux, comme pour saluer l’enfant, et reprit son envol, en silence. Car son voyage n’était pas terminé, et car il savait désormais qu’il avait un ami. Il pouvait repartir en paix.
>Pour la lecture de ces textes, nous avons appliqué des consignes de lectures, puis nous avons fait tourner ces consignes, de sorte que chaque personne a lu de deux manières différentes. La consigne que j’avais écrite, et qui fut appliquée par Dominique (aussi nommée Maman ^^) puis par Anne, était : Lire en déclamant, debout sur la table. Et je suis tombée sur Lire en se pinçant le nez, puis Lire en murmurant. Nous nous sommes rendus compte que dans la plupart des cas, la deuxième distribution était nettement meilleure, par hasard…
Après ce dernier texte, nous allons manger, et je profite de la moindre attente entre deux plats pour rejoindre mes livres, car j’ai toujours la sensation de ne pas avoir assez travaillé. ^^ Une fois le repas fini, on retourne à nos crayons. J’ai très sommeil, mais je ne me sens pas de les abandonner, déjà que j’ai du mal à entrer dans le stage, contrairement aux autres fois… Je crains que si je pars, demain j’aurai du mal à m’y remettre.
Cette fois, nous faisons un exercice qui m’a demandé beaucoup d’efforts. La première personne écrit au milieu de la feuille, puis la seconde en haut et en bas, puis au milieu entre deux phrases déjà écrites, et cætera. Bon, je sais, j’explique très mal, mais bon je ne peux faire mieux ^^ Voilà donc l’un des textes produits dans la soirée :
TROMPETTES : «/ Ah saperlipopette, ne confondez pas, je vous prie, lotus et princesse, nous sommes dans les montagnes de Chechuan, ici le lotus est un élément sacré, à prendre au sérieux, car symbole de longévité. /»/
Longévité mon œil, t’as vu ta tronche, plus que burinée / et tes fanons de vieux phoque libidineux. /
Bon, princesse, tu te mets en position, du Lotus, bien sûr, et on y va. /
On va où ? C’est quoi un lotus ?/
Un lotus c’est une fleur d’amour qui se mange d’un coup. /
La fleur de Lotus s’ouvrit pour la seconde fois, sous les yeux ébahis du peuple : ils avaient attendu cela depuis de nombreuses années. /
Certains, d’ailleurs, avaient littéralement séché sur pieds. / Dans les jardins alentours / de petits papillons voletaient dans les massifs d’hortensia et venaient parfois butiner les doigts de Marjorie. /
Vaut mieux que ce soit le lotus qui s’ouvre sous les yeux du peuple que la princesse, ça ferait désordre… / Dit Maestro Cipolla dans un grand bâillement. / Y en a qui ont des idées franchement douteuses. Une princesse, ça fait jamais désordre ! / Dit maître Capello. / (Je remarque au passage que depuis l’épisode du menhir, votre esprit est toujours aussi tordu !) / Maître Capello se trémoussa du fessier et fit les yeux doux à son lotus adoré qui s’était étendu langoureusement sur le lit / et commença à se dévêtir. / Et… (Censure) Le lotus s’ouvrit et / il en sortit une princesse dorée aux yeux de lumière avec des bracelets aux chevilles / et des gourmettes à tous les poignets. / Oui, sauf que le lotus est une technique Ninja… M’enfin bon…
Bon il faut dire que certains participants ont une fâcheuse tendance à vite détourner des textes ^^ Mais on ne leur en veut pas, ce sont des adultes, après tout ^^
Après ce petit délire collectif, nous décidons de clore la journée par un court texte partant sur « Bonsoir ». Je n’ai pas été supra inspirée, mais voici tout de même mon texte :
« Bonsoir… Etrange, comme mot. Un soir peut être beau, doux, frais, agréable, mais bon… Ou alors, la définition m’échappe ! », disait le petit enfant.
« Peu importe ! », répondit la maîtresse attentionnée. « C’est bonsoir, et c’est ainsi ! »
« Rooo… » Pensait la petite fille… Je n’arrive pas à écrire sur ce mot… Bonsoir… Seule la dérision me vient spontanément sur ce mot. Mais peu importe. Car mes paupières se font lourdes, et mon lit m’attend, et je dois réviser, et je vais dormir au lieu de cela. « Qu’est-ce que je n’aime pas ce que je viens d’écrire ! », écrivait la jeune fille, dépitée. « Espérons que la fleur de lotus de mon esprit s’ouvrira à nouveau au matin… »
Bon, je dis No Comment, mais après tout, les avis peuvent diverger ^^. A ce stade de la soirée, je commence à devenir végétale, et de toute façon, certains de nos hôtes ne restent pas pour la nuit, donc il est temps d’arrêter. Je vais donc me coucher, tandis que ceux qui restent vont profiter de la piscine.
Au matin, j’hésite encore à participer, mais Mum me convainc. Alors je retourne à mes feuilles, à mes crayons. Pour commencer la journée, Michel propose d’écrire une petite pensée du matin. Je ne suis pas du tout inspirée, une nouvelle fois, mais j’écris tout de même :
Au réveil, malaise… Eveil difficile, pensées embrumées, floues, diffuses. Envie d’écrire, certes, ces mots toujours plus beaux qui font mes rêves… Peur du retard, intrusion de ce malaise : Et le bac ? Quand le réviserai-je ? Il ne reste plus beaucoup de temps. Besoin de m’isoler dans des livres, d’apprendre, peur de ne pas être assez à la hauteur, de ne pas avoir assez travaillé, peut-être. Envie d’écrire, et peur d’écrire… Que c’est bon de retrouver cette feuille, et d’y tracer des mots, sans discontinuer… Ecrire.
Sans commentaire, je dirais.
Afin de continuer sur l’idée du petit nègre d’hier, nous décidons d’écrire dans notre propre langue, sur le thème de « la chasse aux papillons ». Cet exercice m’a plus inspiré que les autres, en tout cas, voilà ma production :
Li nélait mila, Y lléi peintiment, lilbo llé astallé, nala so. Y asto nin tu lilbo. Lùn crilait ponteulement, nùons vilaient to las. Falun lilnou leul llé bmaient. Si Y asto nin, si Y asto non, si Y asto tu lilbo, lilnou tell allé. Trac a let, ès verl, ès fan, chalaient os llé. Si Y chalai os Lùn, si Y tella nélai. Lilnou nélait tula, si lilnou leul, lilnou nùons si Lùn. Lilbo vilaient to las, si Y asto tu lilbo, si Y tella nélai. Y lilnou lilbo mùl.
J’hésite à vous donner la traduction, car ce texte n’est pas des plus passionnants, d’autant que nous n’avons pas eu les traductions des autres textes. A la limite, si la demande est grande, peut-être que je la mettrai, faut voir ^^ Enfin bref, je ne me rappelle plus les détails des autres textes, mais je crois que nous étions deux à avoir appliqué complètement la consigne (d’ailleurs j’ai adoré le texte de Jean-Pierre, mais je ne peux malheureusement pas vous le montrer… Quant aux autres textes, j’ai honte de le dire, mais je les ai oubliés…) Pour le dernier texte de la matinée, on fait une sorte de logorallye, mais seuls les styles sont donnés, ainsi que le thème de départ, qui est : les fourmis (les thèmes que j’avais proposés, dont l’un a été tiré au sort, étaient les fourmis, la rêverie, et… Le Johlimome ^^, que certains connaissent sans doute. Je mettrai ici les styles entre parenthèses :
(Style métaphorique) Sa cuirasse brillait, étincelait, reflétait les éclats vivaces et blessants du jour. Chevalière en croisade, elle chevauchait à pattes, consciente de devoir accomplir de grandes choses. Son épée herbeuse se tenait sur son dos, prête à être utilisée, dégainée. Et la fière chevalière courait, courait, (style très léger, presque envolé), du plus vite qu’elle pouvait, volait, presque, pour atteindre le ciel et les nuages, et l’infini qui s’étendait là-haut, loin, très loin. Et elle voyait, alentour, danser, gracieux, lilbo bleus, lilbo rouges, lilbo chatoyants, légers, si légers, et si loin… Elle sentait le vent caresser sa cuirasse de jais, le vent, cet ami frais et doux (Style « du nuage »), cet ami caressant, laineux, pourquoi pas… Une douceur laiteuse envahissait peu à peu l’âme et l’esprit de notre guerrière exilée, la transcendait. Volupté, sérénité, harmonie, prirent possession de son être, pureté, aussi. Elle se sentait plus près, soudain, des nuages, ces moutons immaculés qui dansaient au (Mots en –ing) firmaming. Et elle courait toujours, consing d’avoir de grandes choses à accomplir. Et ping à ping, elle vit, qui se rapprochait, la grande demeure de son peuple, la fourmilière. Elle n’avait pas failling à sa mission, elle avait réussing, elle avait ramené son épée herbeuse, un peu, très peu, certes, mais ses blessures l’excuseraient, de nourriture. Reine mère serait satisfaite. Fourmi était fière, elle avait réussing.
Bon ça se voit peut-être, mais j’ai eu beaucoup de mal avec la dernière consigne… ^^ Pas réussi à trouver des mots en ing (et pourtant, il en existe un paquet !) alors j’ai du inventer, et je dois dire que je trouve que ce n’est pas fameux ! M’enfin bon… ^^ Ce texte terminé, nous le lisons, le commentons, puis allons manger. Après le repas, quelqu’un propose de faire un texte passoire, sur le thème de l’amour vache. Pour info, un texte passoire est un texte dans lequel on laisse des trous avant de passer au voisin. Chacun a participé à deux textes. Je mettrai deux couleurs pour les deux personnes…
Il était là, dans un pré, seul, immobile, malheureux. Car celle qu’il aimait ne faisait pas attention à lui. Il ne l’aimait pas d’amour, bien sûr, sa vache laitière, mais plutôt d’un amour gamin, blanc et pur comme le lait, doux et soyeux. Et la vache, elle, dans son pré odorant, laissait courir au loin ses yeux langoureux…
Il passait de longues heures à ses côtés, attendant patiemment que sa rumination cesse et qu’elle pose son doux regard aux longs cils recourbés sur lui, le petit garçon à l’âme emplie d’un sombre désespoir : son aimée point ne l’aimait.
Ah ! La vache ! Que la vie était compliquée, comme il aurait aimé partir avec elle, par les chemins, au loin, seul avec elle… Une petite vache toute simple, au regard langoureux, aux baisers mouillés et doux, semblables aux baisers d’une limace…
S’il avait pu la convaincre de partir, tout aurait été plus simple. Il aurait voulu s’allonger à ses côtés, près de sa chaleur diffuse et réconfortante. Mais la réalité c’était que cette vache là aimait sa tranquillité. Un seul espoir lui était permis : c’est qu’un jour, vachement proche peut-être, elle ne décide de fuir, avant que les employés de l’abattoir ne viennent. Et alors, ce jour-là, il la suivrait, aux confins du monde…
Malheureusement je n’ai pas le deuxième auquel j’ai participé, mais bon ça ne fait rien. Pour la suite, nous cherchons des idées, tout en discutant et en dégustant des croquant fort goûteux ^^. Anne nous fait alors part de l’une de ses expériences. Ayant un texte à rendre de moins de deux pages, et ayant écrit plus de quatre pages, elle demande un jour à une personne de lui enlever des choses de sa production. Lorsque ce fut fait, elle s’est aperçue que tout ce qui avait été enlevé relevait de son style. Elle a donc enlevé elle-même des choses afin que le texte reste le sien. On décide donc de tenter cette expérience, en écrivant un texte sur Rien. Par la suite, notre coéquipier devait enlever des choses (mon mien était ma moman ^^) Ce qui a été enlevé sera entre crochets.
Le rien est immense. Le rien est tout, en réalité. Comme le vide sidéral n’est pas vide, [le rien] n’est pas rien. Telle était l’idée de [grands philosophes tels] Maître Capello. Selon lui, l’évocation, comme la pensée chez Descartes, impliquait l’être. Or le rien est évoqué. [Donc] il est. Mais [cependant], il n’est pas « rien ». Ce serait lâcheté [et simplicité que] de cantonner le rien à une sorte de vide, dénué de sens, [dénué] de vie ou de pensée. Si l’homme qui pense est, alors le vide est [aussi], et le rien de même. Je vous le dis. Mais il serait ridicule de définir le rien comme nous le faisons, et paradoxal. Car si le rien n’est rien, alors le rien n’est pas. Or, nous avons démontré que le rien est. Donc, le rien n’est pas rien. Ceci est une démonstration irréfutable et rigoureuse, que le plus habile [parleur] ne saurait contredire. Cette vérité est l’unique qui soit, [la plus véritable], la plus complète et la plus sérieuse. Descartes lui-même en rougirait de honte, et la communauté des philosophes voit, [depuis la mise au point de cette démonstration], en Maître Capello, un guide, un maître. C’est ainsi : que cela vous plaise ou non, Maître Capello est un « boss », [comme on dit], et le rien n’est pas rien.
Voilà. Je dois dire que je me suis bien amusée pour ce texte. Par contre, j’avoue que je n’ai pas trop aimé les modifications apportées à mon texte. Vous allez trouver que je suis égoïste, peut-être, mais que mes textes soient bien ou non, bien écrits, intéressants, ou pas, je ne supporte pas qu’on y retouche, je ne sais pas pourquoi… ^^ En plus, j’étais la seule à ne pas aimer les modifications, ça la fout un peu mal xD.
Malheureusement, nous nous rendons compte que l’heure du départ approche (du moins pour ceux qui partent, mais pour que le stage ait une fin, nous écrivons un dernier court texte, avec comme inducteur, le mot bascule, le titre d’un livre que Michel a amené.
Peu à peu, je bascule dans les mots qui pourtant semblaient se vouloir tarir. Feuille blanche qui lentement se noircit de mots. Feuille blanche… Peur au ventre. Peur de ne réussir à écrire, peur que ma passion m’abandonne. Peur que mon inspiration me délaisse, comme elle semble prendre plaisir à le faire depuis près d’une lune. Jubilation, plaisir d’écrire, d’écrire des mots maladroits, certes, mais des mots. Désir de retrouver enfin un flot continu de pensées, d’idées, puis de lettres, et de mots, un flot d’écrits. De mes écrits.
Ce texte final en dit un peu sur mon état d’esprit actuel vis-à-vis de l’écriture, je pense.
En tout cas, le stage se termine sur ces mots, et nous discutons un moment de divers sujets, avant de nous séparer, jusqu’à la prochaine fois, en septembre…
12:17 Écrit par Lya Remy dans Divers | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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Commentaires
des textes "baclériens" (pas pour bâclé mais pour bac hein!) Coucou,
J'ai adoré ton résumé, et arrête de dire que tu t'expliques mal car ce n'est pas le cas, tout se comprend très bien.
Pour tes textes c'est rigolo de voir jusqu'à quel point ton bac t'influence.
Et n'ai pas peur de la page blanche on ne peut pas attendre des flots d'inspiration et réviser pour son bac (avec l'envie de le réussir) en même temps.
Tu verras cet été ça reviendra tranquillement.
Sinon j'ai quand même aimé tes textes, ça te force aussi à un autre style, c'est marrant.
Gros bisous.
Écrit par : Zouzou | 21.06.2006
el retour Ce stage avait vraiment l'air passionant, tu as bien fait de le faire en entier, les écrits qui en sont sortis mon tous beaucoup plu.
Écrit par : lilis | 20.07.2006
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